Infos Togo Tézan 52ème édition à Agou Nyogbo Sud

Allégresse autour de l’igname, et des valeurs de paix, de cohésion sociale, et de promotion du développement local

Publié le dimanche 30 août 2026, par Gabinho

Une célébration placée sous le signe de la préservation des traditions, de la cohésion sociale et du développement local.

Les populations d’Agou Nyogbo Sud ont renoué, samedi, avec une tradition vieille de plusieurs décennies à l’occasion de la 52ᵉ édition de la fête Tézan. Célébrée autour de la culture et de la consommation de l’igname, cette manifestation culturelle s’est déroulée cette année sur le terrain de football du Lycée des 2 Nyogbo, transformé pour la circonstance en véritable sanctuaire de la fête, avec la présence de plusieurs milliers de participants.

La cérémonie a démarré par une procession des populations, accompagnées des chefs de quartiers et du chef canton d’Agou Nyogbo Sud, Togbui Pébi V, dans leurs hamacs portés par des sujets, depuis le palais royal jusqu’au lieu de l’apothéose des festivités.

Discours, prestations de groupes folkloriques, interventions d’artistes et d’humoristes ont rythmé la journée.

Au-delà de son caractère festif, Tézan 2026 a surtout constitué un moment de communion entre les filles et fils d’Agou Nyogbo Sud. Danses, chants, gestes de courtoisie et échanges de civilités ont accompagné les retrouvailles, dans une ambiance marquée par des messages en faveur de la paix, de l’unité et du développement local.

L’igname, héritage des ancêtres

Pour Ange Kétor, président du comité d’organisation, Tézan est avant tout une célébration de l’histoire et du patrimoine de la communauté.

« L’histoire qui entoure Tézan, c’est que nos ancêtres ont adopté… Nous sommes des Égyptiens, on est passé par Agbogbo et, dès que nos ancêtres ont commencé à habiter les montagnes, la culture phare était celle de l’igname », a-t-il expliqué.

L’igname constitue ainsi, selon lui, un élément essentiel de l’identité alimentaire et culturelle de la communauté. La dégustation organisée lors de cette édition, avec plusieurs variétés d’ignames, en a fourni une illustration.

« Nous avons hérité de la culture de l’igname et de sa consommation. C’est donc cette tradition que nous essayons de perpétuer », a souligné le président du comité d’organisation.

La qualité de l’eau, autre combat de la communauté

Cette 52ᵉ édition n’a cependant pas été consacrée uniquement à la célébration culturelle. Elle a également permis de mettre en lumière certaines préoccupations de la communauté, notamment la protection des ressources en eau.

Ange Kétor a indiqué que le comité d’organisation travaille depuis trois ans à l’amélioration de la qualité de l’eau provenant du mont Agou. Selon lui, l’itinéraire naturel de certaines sources a été perturbé par les activités agricoles, exposant par endroits les populations à une eau susceptible d’être polluée.

« Depuis trois ans, nous sommes en train de travailler sur la qualité de l’eau. D’abord, nous avons travaillé sur la source, ensuite aujourd’hui nous sommes en train de travailler sur la qualité de l’eau », a-t-il indiqué, se réjouissant des résultats déjà obtenus.

Pour le responsable, les témoignages recueillis sont encourageants et l’eau consommée aujourd’hui serait de meilleure qualité. Le comité entend néanmoins poursuivre les efforts engagés.

Togbui Pébi V : « Tézan est une partie de notre histoire »

Prenant la parole à l’occasion de la cérémonie, le chef canton d’Agou Nyogbo Sud, Togbui Pébi V, a insisté sur la dimension patrimoniale de la fête.

« Tézan n’est pas seulement une fête, mais bien une partie de notre histoire. Le reflet de notre identité », a-t-il déclaré, estimant que la manifestation constitue un cadre privilégié de transmission des valeurs, traditions et patrimoines culturels aux générations futures.

Rites, danses, chants et langues hérités des ancêtres doivent, selon lui, être préservés et transmis aux jeunes générations.

Le chef canton souhaite également faire de Tézan un véritable levier de cohésion sociale et de développement économique, notamment à travers la promotion de l’agriculture, de l’artisanat et de la jeunesse.

Il a salué les différentes activités ayant précédé et accompagné la célébration, notamment la caravane de sensibilisation contre l’utilisation des sachets plastiques, les formations destinées aux jeunes, la foire agricole et le grand concert Tézan.

La jeunesse appelée à prendre le relais

Une attention particulière a été accordée à la jeunesse, considérée comme la principale dépositaire de cet héritage culturel.

Togbui Pébi V a invité les jeunes à s’approprier les valeurs et traditions de leur communauté afin de mieux les préserver et de les transmettre aux générations futures.

Dans son message, il a également appelé les filles et fils d’Agou Nyogbo Sud à faire de leur diversité une force plutôt qu’un facteur de division.

« Nous devons continuer à cultiver la paix, le respect mutuel, la solidarité et le dialogue », a-t-il insisté, rappelant qu’aucun développement durable ne peut être envisagé sans cohésion entre les membres de la communauté.

La chefferie a, par ailleurs, réaffirmé son engagement à travailler aux côtés de l’ensemble des forces vives pour le développement du canton.

Un bilan jugé satisfaisant

Du côté du comité d’organisation, le bilan de cette 52ᵉ édition est globalement positif. Ange Kétor estime que les principaux objectifs ont été atteints, notamment en matière de mobilisation populaire et de collecte de ressources destinées à la poursuite des actions communautaires.

Il s’est particulièrement réjoui de la mobilisation des populations et du geste symbolique posé par des soldats originaires de la communauté, qui ont envoyé un représentant pour effectuer un don au nom des hommes de troupe, de Lomé à Cinkassé.

Le président du comité d’organisation reconnaît toutefois la nécessité d’apporter des améliorations lors des prochaines éditions, notamment dans l’organisation de la deuxième partie de la manifestation, la gestion des entrées et sorties des quartiers, le choix et le nombre de groupes folkloriques ainsi que la promotion et la commercialisation des produits agricoles.

Il considère par ailleurs que le terrain du Lycée des 2 Nyogbo, qui a accueilli sans difficulté majeure une foule estimée à plusieurs milliers de personnes, pourrait désormais constituer le nouveau site de référence de la célébration.

Cap sur la 53ᵉ édition

La fête Tézan 2026 s’est poursuivie jusque tard dans la soirée dans les différents quartiers et recoins du canton, notamment dans les maisons, bars et autres lieux publics.

Avec cette 52ᵉ édition désormais inscrite dans l’histoire, les regards sont déjà tournés vers la prochaine échéance. Pour Ange Kétor, la 53ᵉ édition devra être encore mieux organisée et plus ambitieuse.

Une nouvelle page s’ouvre ainsi pour Tézan, avec le même défi : préserver l’héritage des ancêtres tout en faisant de cette fête un instrument de cohésion, de promotion de l’agriculture, de valorisation de la jeunesse et de développement local.

G.K / T228