Afrique Libre opinion

ANGELA MERKEL pour un 4ème mandat, et le duel FILLON-JUPPÉ, deux leçons pour les Africains…

Publié le mercredi 23 novembre 2016, par Gabinho

Angela Merkel, en route pour un quatrième mandat de l’Exécutif en Allemagne, c’est dans l’ordre normal des choses, puisque les mandats de l’Exécutif ne sont pas limités dans ce pays, l’un des fondateurs et initiateurs de l’Union Européenne (UE). Pour 55 % des Allemands, Mme Merkel est la mieux placée pour se succéder à elle-même et faire le bonheur des citoyens allemands…
Décidément, ce mois de Novembre 2016 réserve des surprises électorales ! Le premier tour des primaires de la Droite pour la présidentielle française de 2017 a livré son verdict : c’est François Fillon qui vient largement en tête, devant Alain Juppé, et l’ancien Président, Nicolas SARKOZY, ne vient qu’en troisième position ! SARKOZY a reconnu sa défaite et a appelé à voter pour son ancien Premier Ministre Fillon !...
La première leçon à retenir est que la limitation des mandats n’est pas une fin en soit en politique ! L’Allemagne est, avec la France, les deux pays- clés fondateurs de l’Union Européenne, et la France n’a introduit, dans son arsenal constitutionnel, la limitation éventuelle des mandats présidentiels qu’en 2002 ! Le Royaume-Uni, le Luxembourg (autre pays membre fondateur de l’Union Européenne) n’ont pas de limitation de mandats pour le pouvoir exécutif ! … Mêmes les ETATS-UNIS d’AMERIQUE, qui sont indépendants depuis le 4 juillet 1776, n’ont introduit la limitation formelle des mandats qu’en … 1956 !
Pourquoi alors les pays africains se morfondent dans un suivisme morbide et stupide que veulent leur imposer des pays étrangers, au lieu d’explorer leurs propres voies ? Pourquoi ne cherchent-ils pas à se former et former des leaders visionnaires et compétents comme le Premier ministre singapourien, LEE KUAN YEW, qui a été élu sans interruption pendant 31 ans, et qui a fait de ce pays, un havre de paix et de développement, depuis l’indépendance du pays en 1963, avec la Malaisie…avant de tirer sa révérence à 91 ans !..,
Angela Merkel va peut-être rempiler, l’année prochaine, pour un quatrième mandat, et 55 % des allemands le souhaitent ! Ce qui est curieux, c’est qu’aucun pays européen ne demande à l’Allemagne de limiter les mandats à deux, comme ils le font à l’endroit des deux Congo, du Sénégal, du Mali, du Burkina Faso, et des autres pays africains …
Les Noirs ne sont que des enfants à qui il faut donner tous les ordres possibles et imaginables ? Il appartient aux africains de répondre à cette question ! Il leur appartient surtout de se chercher des leaders crédibles, compétents, qui peuvent battre les candidats sortants, si ceux-ci ne sont pas à la hauteur, au lieu de perdre leur temps, en attendant que ce sortant fasse ses deux mandats, pour qu’ils puissent enfin venir au pouvoir !
L’Allemagne est la première puissance économique européenne, loin devant la France, et le mandat de l’Exécutif n’est pas limité ! Le Royaume-Uni est la deuxième puissance économique de l’Union Européenne, et le mandat de l’Exécutif n’est pas limité ! La France est la quatrième puissance économique de l’UE, et le mandat de l’Exécutif n’est limité seulement qu’en 2002. Régime parlementaire allemand, monarchie constitutionnelle anglaise, régime semi-présidentiel français, les mandats de l’Exécutif ne sont pas limités, et avant 2002, la France n’a connu que des septennats non limitatifs (mais seul François Mitterrand a pu faire les deux septennats !)… Le Peuple dit assez à un dirigeant à la fin de son premier mandat, s’il n’est pas bon, et pas besoin de lui donner 2 mandats, pour qu’il rêve de rester 4 - 5 ans, ou 8-10 ans au pouvoir ! C’est le cas de Nicolas Sarkozy, en France, de Jimmy CARTER et de Bush père aux USA…
La seconde leçon est donnée par les primaires de la droite française.
La droite française a donné une leçon de pragmatisme politique aux africains, avec l’organisation de leurs primaires pour l’élection présidentielle de 2017 en France. François Fillon et Alain Juppé vont se mesurer au second tour du scrutin, dimanche prochain, et le vainqueur affrontera François Hollande ou un autre leader de la gauche, avec une victoire de la droite qui se profile à l’horizon. Nicolas Sarkozy, battu à plate couture et venant en troisième position, loin derrière Fillon et Juppé, a reconnu sa défaite et appelé à voter Fillon ! Les africains sont incapables de s’unir et de se départager par des primaires, et affrontent presque toujours le sortant en rangs dispersés, et perdent ainsi les scrutins qui se suivent et se ressemblent. Au Nigéria, qui fait exception, cette dynamique de « tous derrière un seul » a payé, toutes considérations ethniques et régionales mises ensemble ! Les candidatures individuelles multiples n’ont aucune chance de réussir pour des raisons évidentes ! … D’abord, le coût d’une campagne électorale pour la présidentielle n’est pas donnée et aucun candidat (sauf Patrice Talon par exemple, au Bénin) n’a assez de ressources financières pour cela, les militants des partis politiques ne cotisant pas pour leurs partis en Afrique… Et encore, au Bénin, Sébastien Ajavon et Patrice Talon ont uni leurs voix et leurs fortunes pour barrer la route à Mr ZINSOU, le candidat du pouvoir…Ensuite, les contingences ethnico-régionales font que le candidat qui va être élu est obligé de donner des gages de cohésion et d’adhésion ethnico-régionales… Mais, le choix du porte-flambeau doit être rigoureux et pas question de choisir un loser feignant qui ne sait que dire : « Mobilisation et Alternance » et n’a rien dans la tête et le ventre…
L’alternance est possible en Afrique, avec ou sans limitation des mandats de l’Exécutif, et l’important est plus dans la stratégie des postulants à la charge suprême que dans la recherche d’une limitation des mandats ! En Russie, POUTINE a blousé les siens en leur plaçant MEDVEEV sur le trône, le temps de se reposer, puis est revenu reprendre le fauteuil présidentiel ! Si un IHOU parvient au pouvoir et qu’il veut blouser le peuple, même avec le nombre de mandat limité à deux, il lui suffit de placer un frère ou une sœur (nous sommes une soixantaine de frères, sœurs, cousins, et cousines !) sur le fauteuil présidentiel, après le premier IHOU… et ainsi de suite, si les scrutins ne sont pas transparents et crédibles. Il faut batailler dur pour que les scrutins soient transparents et faire du pragmatisme politique, avec des recettes propres à nous, au lieu de miser sur la limitation des mandats, alors que les vielles démocraties ont mis des siècles pour adopter, dans une minorité de pays, ce concept…
Dr David IHOU, Consultant en géopolitique et Stratégie Sécuritaire.