Le MMLK d’Edoh Komi refuse de cautionner les nuisances sonores et invite le corps du Christ à une foi responsable qui respecte celle des autres
Après les sacrifices aux carrefours, le mouvement de Pasteur Edoh Komi plaide pour une évangélisation respectueuse du voisinage et appelle à une concertation entre les autorités et les responsables religieux.
Le Mouvement Martin Luther King (MMLK), également connu sous l’appellation « La Voix des Sans-Voix », élargit son plaidoyer en faveur du respect de l’espace public et de la cohabitation pacifique au Togo. Après avoir dénoncé la présence de paniers et de calebasses de sacrifices aux carrefours du Grand Lomé, l’organisation de défense des droits de l’homme s’attaque désormais aux nuisances sonores liées aux activités de certains lieux de culte. Dans un communiqué de presse rendu public le 13 octobre 2026 à Lomé, le MMLK appelle les responsables religieux à concilier ferveur spirituelle, liberté de culte et respect du voisinage.
Dans ce communiqué, le mouvement présidé par le Pasteur Edoh K. Komi souligne la nécessité d’une approche équilibrée des questions touchant à la vie collective. Se réclamant à la fois de la défense des droits de l’homme et d’une obédience chrétienne, il estime qu’il ne saurait dénoncer les désagréments causés par les sacrifices sur la voie publique tout en passant sous silence les nuisances sonores qui perturbent la tranquillité des populations.
Le MMLK reconnaît toutefois les efforts de la direction des cultes pour réguler et réduire les nuisances sonores dans les lieux de culte au Togo. Il l’encourage ainsi à poursuivre les initiatives visant à améliorer la cohabitation entre les communautés religieuses et les riverains.
La liberté de culte, mais aussi le respect du voisinage
Pour le MMLK, la liberté d’évangélisation demeure un principe fondamental. Le mouvement rappelle que la prédication de l’Évangile constitue une mission chrétienne, en référence au passage de Matthieu 28:19. Cependant, cette mission ne saurait justifier des pratiques portant atteinte au repos, à la santé et à la tranquillité des personnes vivant à proximité des lieux de culte.
S’appuyant sur les enseignements bibliques, notamment 1 Corinthiens 14:40, qui recommande que toute chose se fasse avec bienséance et dans l’ordre, ainsi que Romains 12:18, qui invite à rechercher la paix avec tous, le mouvement appelle les responsables religieux à faire preuve de davantage de discernement dans l’utilisation des équipements sonores.
Le communiqué pointe particulièrement les veillées de prière nocturnes, les programmes organisés dès 4 heures du matin et les campagnes d’évangélisation dans les quartiers à l’aide de mégaphones puissants. Selon le MMLK, ces pratiques peuvent perturber le sommeil et le repos des riverains, qu’ils soient chrétiens, musulmans, adeptes des religions traditionnelles ou simplement confrontés à des problèmes de santé.
« L’Évangile est une Bonne Nouvelle, pas une nuisance sonore », soutient le mouvement, qui estime que la portée d’un message religieux ne se mesure pas au volume des haut-parleurs utilisés.
Des mesures concrètes réclamées aux Églises
Face à cette situation, le MMLK invite toutes les Églises du Togo, quelles que soient leur taille et leur dénomination, ainsi que les autres lieux de culte, à procéder à un examen de conscience sur leurs pratiques de sonorisation.
L’organisation recommande notamment l’insonorisation des édifices religieux et une meilleure orientation des haut-parleurs vers l’intérieur des temples, plutôt que vers les habitations voisines. Elle rappelle également qu’il est possible de conduire des prières ferventes et des célébrations intenses sans imposer aux populations environnantes des niveaux sonores excessifs.
Au-delà de l’appel à la responsabilité individuelle des responsables religieux, le mouvement souhaite une réponse concertée. Il demande aux autorités compétentes et aux faîtières des Églises d’organiser une rencontre de concertation afin de définir ou de renforcer un code de bonne conduite relatif à la gestion du son dans le cadre de l’évangélisation de proximité.
Cette démarche devrait permettre, selon le MMLK, de mieux encadrer les activités religieuses tout en préservant la liberté de culte et la paix sociale. Le mouvement préconise également des sanctions à l’encontre des personnes qui persisteraient à enfreindre la réglementation en vigueur.
Pour une foi qui rassemble plutôt qu’elle ne dérange
À travers cette nouvelle interpellation, le Pasteur Edoh K. Komi entend rappeler que la pratique religieuse ne doit pas se faire au détriment des droits des autres citoyens. Pour le MMLK, le respect du prochain constitue une exigence morale qui doit accompagner toute démarche d’évangélisation.
Le mouvement insiste ainsi sur la nécessité de promouvoir une foi fondée sur la sagesse, le respect et l’amour, plutôt que sur une démonstration sonore susceptible de provoquer des tensions dans les quartiers.
Après la question des sacrifices déposés aux carrefours, cette sortie du MMLK remet au centre du débat public la responsabilité des acteurs religieux dans la préservation d’un cadre de vie paisible. Un défi qui appelle à la fois la responsabilité des lieux de culte, le dialogue entre les confessions et l’application équitable des règles communes.
Pour le président du MMLK, l’enjeu est clair : défendre la liberté d’évangélisation tout en faisant du respect des autres une composante essentielle du témoignage religieux. Car, au-delà des différences de croyances, la tranquillité et la dignité des populations demeurent des exigences fondamentales du vivre-ensemble.
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Publié le mardi 13 octobre 2026, par Gabinho